LES CONSULTANTS SPORTIFS DANS L'AUDIOVISUEL

 

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mise à jour le 19/06/2009

 

Les rôles ambivalents du consultant  aux J. O.

 

 

Un rôle « pédagogique »


Cette dimension à cette occasion semble aller de soi. L’apport en termes de décryptages du « consultant » prend ici tout son sens lors de retransmission de discipline comme le tir à l’arc, ou les épreuves de lutte gréco-romaine…
Pour Christophe Prigent, le choix du consultant est essentiel : « il faut qu’il soit dans le ton de la fédération, et l’image qu’il projette doit être la même que les valeurs du sport dont il parle. Dans le cas du canoë-kayak, présent à la télévision uniquement tous les 4 ans pour les J.O., ce choix est encore plus important ».
Le choix de consultants sportifs constitue donc un enjeu important pour les médias à l’occasion des j.O. Manifestation qui attire un public à la fois nombreux et varié. Aussi chaque chaîne tente de recruter des consultants expérimentés et, dans la mesure du possible, connus, pour expliquer les règles, décrypter les épreuves et partager leur expérience de la compétition à haut niveau à l’antenne.


Ainsi, dans le cas du handball, Daniel Costantini explique que la modification de certaines règles du jeu se sont faites sans consulter la télévision. C’est le cas par exemple de la règle de l’engagement rapide, qui dynamise le jeu, mais ennuie beaucoup les réalisateurs télé friands de ralentis. Pour André Garcia, la difficulté vient surtout du côté très conservateur du média télé, qui continue de travailler de la même façon qu’à ses débuts. Certains sports ont voulu changer pour s’adapter au rythme de la télé, mais le résultat est plutôt un échec : au volley, par exemple, l’arbitre a un voyant indiquant quand il peut reprendre le jeu, c'est-à-dire quand le réalisateur a fini de diffuser les ralentis et l’action avec d’autres angles de vues.
Enfin, un des rôles du consultant serait de parler pendant les arrêts de jeu, d’expliquer, d’apporter une pédagogie ; quand celui du journaliste serait de commenter en direct, de jouer le rôle de reporter. À ce propos, André Garcia rappelle que, chez les journalistes, le principe de hiérarchie de l’information est souvent cité et rappelé.


Ces disciplines sportives à commenter requièrent donc parfois l’expérience du vécu, une connaissance particulière de sports aux règles parfois complexes, enfin une expertise technique ainsi qu’un apport pédagogique attendu par une partie de l’audimat.
Le « consultant » porteur d’un vécu, serait en ce sens, le garant d’une information fiable et pertinente, particulièrement attendue à cette occasion.

 

Un médiateur remis en question

Daniel Costantini nuance ses propos quant à la position ambivalente du consultant : « le consultant doit être un expert dans la discipline pour laquelle il intervient. Mais certains sont utilisés de façon absurde, en naïfs pour découvrir un sport. Quelle est leur finalité, puisqu’ils ne connaissent rien au sujet sur lequel ils doivent intervenir ? »
Selon Hubert Cahuzac, les consultants oublient leur rôle, qui est d’accompagner le téléspectateur, de simplifier et d’expliquer le jeu. Aujourd’hui, il devient un expert parlant statistiques et contestant des décisions de l’arbitre ou de l’entraîneur.
Enfin pour Christophe Prigent, dans le cas par ex. du canoë-kayak, visible seulement pendant les J.O. mais très sollicité à ce moment-là, l’utilisation de consultants ayant pratiqués dans d’autres disciplines par les chaînes est parfois frustrante car cela n’aborde pas les valeurs de la discipline commentée...

 

Le consultant, cette icône


De fait ils sont, là aussi, également convoqués pour leur notoriété et leur succès dans leur carrière sportive et en cela, ils participent consciemment ou non, à une stratégie en termes d’audience mise en place par les médias. Le cas le plus patent fut sans doute pour les J.O. de Pékin en 2008, Canal+ qui fit appel à Jean Rochefort pour commenter les disciplines équestres. Ici le « garant » de l’information tenant au fait qu’il soit lui-même éleveur de chevaux, mais est-ce bien l’unique raison de ce choix ? Selon F.Chevit, J. Rochefort serait "l'un des hommes les plus compétents" dans ce domaine, conseiller pour l'image auprès de la Fédération française d'équitation, et lui-même éleveur". Ici aussi, l’impératif de faire de l’audimat est présent, car si le consultant jouit d’une notoriété, le fait par exemple qu’il ait été médaillé lors des précédents jeux, cela ne garantit en rien la qualité de l’information. Il est évident que cela apporte une plus value non négligeable en termes d'image et d’audimat pour les médias…

 

SOURCES

Télésatellite Infos JO, « l'importance grandissante des consultants sur les télévisions », août 2004

« Ils font la télé » JO: Les consultants de Canal+

Sportelnews « J O et télévision » et « David Douillet et le rôle du consultant télé », oct. 2008