Pour promouvoir une bonne image d’elles-mêmes, les nations ont une obsession commune en ce qui concerne l’organisation des événements sportifs mondiaux. Depuis toujours, une très grande attention est accordée à la sécurité des spectateurs et des athlètes.

Les grandes manifestations sportives internationales sont caractérisées par un esprit de surenchère. Les athlètes, à l'évidence, y vont pour remporter des victoires et des records. Mais les médias eux aussi, en particulier la télévision, semblent perpétuellement en quête de records : pour les Jeux Olympiques, 50 caméras étaient présentes à Rome en 1960, près de 100 à Munich en 1972, 578 à Barcelone en 1992, et plus de 1 000 à Athènes en 2004.
Cette surmédiatisation a des conséquences politiques. Le sport est employé pour exister, compter et être reconnu tant par les athlètes que par les nations. La première conséquence est l'utilisation par les régimes politiques du prestige associé à l'événement : on l'a vu à Berlin en 1936.
Les mouvements d'opposition ont eux aussi perçu la formidable résonnance que pouvait leur offrir tant de caméras groupées en un seul point du monde: on l'a vu à Munich en 1972.

Mais la multiplication des caméras a un autre effet : celui de concentrer nos regards sur les athlètes nationaux. Dans un grand zapping censé offrir le meilleur, qui se révèle être en fait une sélection purement géo ou ethno-centrée.
"En apparence, tout se mélange, mais en réalité, toute ces images suivent un fil directeur : l'apologie de l'Allemagne", remarquait Gunther Gebauer lors des Jeux de Barcelone, où l'équipe allemande de la Allemagne réunifiée concourrait pour la première fois au sein du nouvel ordre mondial de l'après-guerre froide.

En pleine quête identitaire nationale, les chaînes de télévision offraient une identité modelée par le sport (via le plus petit dénominateur commun), une Allemagne idyllique, exaltée, contre l'autre Allemagne (la RDA à l'histoire sportive si chargée).

 

 

Berlin ville symbole du sport
© C. Depreitère, V. Doignies, D. Lepage, C. Molitor & A. Reydellet (INTD - INA) 2009
date de mise à jour: 20 juin 2009
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