Si les Jeux Olympiques d'été à Berlin en 1936 évoque le sport en Allemagne, on sait moins que le pays avait réussi, cette année-là, un doublé. En février, les deux villages alpins de Garmisch et de Partenkirchen, fusionnées pour l'occasion, accueillirent les IVème Jeux d'hiver. S'ils n'ont pas autant marqué les mémoires, leur importance fut aussi déterminante.

Les Jeux furent attribués à l'Allemagne avant l'arrivée du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) au pouvoir, mais celui-ci vit immédiatement tout le profit qu'il pouvait en tirer. On sait que la progression du Führer vers la guerre est constituée de coups de bluff successifs attendant de voir qui saurait l'arrêter. Il menait une partie serrée tant que la remilitarisation du pays n’était pas complète.

Les Jeux Olympiques devaient être à la hauteur de la mégalomanie nazie. Or les lois de Nuremberg portant sur le statut des Juifs étaient entrées en vigueur en 1935, parmi d'autres forfaits bien connus à l'extérieur.
De nombreuses organisations appelèrent à boycotter les Jeux du Reich, ce qui eut représenté une humiliation pour le chancelier. Pour éviter cela, il donna au CIO les engagements demandés. Il avait bien compris que le Comité ne s'estimait concerné que par ce qui se passait pendant le déroulement de l'Olympiade, mais ni avant ni après.

Avec une constance sans faille, les discours d'Hitler comme de tous les officiels nazis n’évoquèrent qu’ « intentions pacifiques », « compréhension sincère entre les peuples », vœux de « réconciliation », « compréhension et sympathie mutuelle »,… tandis que la région avait été vidée des Juifs. Mais surtout, il rendait grâce à la « bonne volonté » des nations invitées.

De la bonne volonté, les observateurs étrangers en avaient tant qu'ils relayèrent complaisamment dans leurs journaux la fable selon laquelle la neige avait manqué jusqu’à l'arrivée d'Hitler, « le sauveur des Jeux ». Il est vrai que trois jours avant la cérémonie d'ouverture, les organisateurs s'inquiétaient de l'absence totale de neige, elle commença à tomber en quantité à partir du 4 février. Or Hitler n'arriva en Bavière que le 6, pour l'ouverture.

Les Jeux Olympiques d'hiver fonctionnèrent en tous points comme une répétition générale, un test pour l'opinion publique internationale. Hitler ne se priva pas, trois semaines après la fin de ces Jeux, d'envahir la Rhénanie pour la remilitariser, sans provoquer la moindre réaction.
Et la suite ne retint pas non plus le Comité Olympique, lors d'une assemblée en juin 1939, d'attribuer une fois encore les Jeux d'hiver de 1940 à Garmisch-Partenkirchen.

Site du CIDAL, page L'Allemagne, un pays sportif contenant plusieurs vidéos 
Site officiel du Comité International Olympique 

 


Berlin ville symbole du sport
© C. Depreitère, V. Doignies, D. Lepage, C. Molitor & A. Reydellet (INTD - INA) 2009
date de mise à jour: 20 juin 2009
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