Les J.O. de 1936 ont été confiés à l'Allemagne par le Comité International Olympique (CIO) en 1931. Garmish Partenkirschen était choisie pour les J.O d'hiver et Berlin pour ceux d'été. Hitler arrive au pouvoir en 1933 et aurait très vite vu l'intérêt de ces J.O.De son coté et sous la menace de boycott de certains pays (Etats-Unis et Grande-Bretagne principalement) le CIO a demandé des garanties à Hitler qui s'est engagé par écrit à respecter les valeurs de l'olympisme. Finalement il n’y aura pas de boycott des Etats-Unis, seules l'URSS et l'Espagne ne participeront pas aux J.O.

L'Espagne et son gouvernement du Front populaire propose d'organiser à Barcelone des "contre-jeux" en opposition à ceux de Berlin. Ces derniers seront annulés au dernier moment pour cause de guerre civile en Espagne.

Sur place l'organisation est impeccable : 49 pays présents, 3 963 athlètes dont la plus grande délégation est l'Allemagne (348 athlètes), suivie par les Etats-Unis (310), la Hongrie (209), le Royaume Uni (207) et la France (201)
Pour la première fois dans l'histoire des J.O la flamme olympique est allumée lors de la cérémonie d'ouverture le 1er août 1936.

Site officiel du mouvement olympique
http://www.olympic.org/fr/games/past/index_fr.asp?OLGT=1&OLGY=1936

A noter que le salut olympique fait par la délégation française, ressemblait étrangement au salut nazi de rigueur cet été là.
Comme l'analysent Fabrice Abgrall et François Thomazeau dans "la France à l'épreuve des Jeux Olympiques de Berlin" pouvaient-ils ignorer la portée de leur geste ? Pourquoi les américains avaient-ils effectué leur tour de piste la main sur le coeur ? Pourquoi les anglais avaient-ils eux aussi opté pour la discrétion d'un regard tourné vers les tribunes ?
La venue même des sportifs français avait donné lieu à de nombreux articles dans la presse de l'époque. La question du boycott fut un temps évoquée. Selon leur sensibilité les journaux s'engagent dans l'opposition aux Jeux du côté du Front populaire (Marianne, l'Humanité et Le Sport), avec comme principal argument la défense de la charte de l'olympisme. Du coté des partisans des J.O (Paris-Soir, Le Figaro et L'Auto) la défense de l'apolitisme des jeux ainsi que le respect des décisions du CIO.
Pour les sportifs comme le nageur Jean Taris il y a peu de débat "J'ignore la politique, ce que je veux, c'est courir et faire du sport"

La star des jeux de 1936, c'est Jesse Owens avec ses 4 médailles d'or, du jamais vu dans l'histoire des J.O jusque là (100 m, 200 m, relais 4 x 100 m et saut en longueur)
Owens faillit ne pas se qualifier pour l'épreuve du saut en longueur mais il bénéficia de conseils avisés et très fair-play de son principal adversaire, Lutz Long, de nationalité allemande et spécialiste de la discipline.

La légende nous dit qu'Hitler préféra quitter la tribune, plutôt que de serrer la main du « noir » qui ébranlait aux yeux de tous sa théorie de la suprématie de la race aryenne. La réalité serait quelque peu différente. La veille, Hitler félicite des athlètes blancs vainqueurs des épreuves du jour alors que l'afro-américain Cornelius Johnson remporte le concours du saut en hauteur, il préfère quitter le stade plutôt que de serrer la main d'un athlète noir. Les officiels font alors savoir au Chancelier qu'il doit, soit féliciter tous les vainqueurs, soit n'en féliciter aucun. Hitler choisit de n' en féliciter aucun, et évitera ainsi de serrer la main d'Owens, qui remportera son premier titre olympique le lendemain.

Article Wikipedia sur Jesse Owens
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jesse_Owens

Concernant la délégation française à Berlin, l’histoire d’Alfred Nakache
Alfred Nakache se sélectionne pour les J.O de Berlin et évince son principal concurrent Jacques Cartonnet. Champion de France en 1935 (14 fois en tout), il ne rapportera pourtant aucune médaille de Berlin. Néanmoins il aura été l'un des rares athlètes juifs à s'y rendre, d'autres athlètes ayant préféré les boycotter.

Mais de retour des jeux, il battra le record du 200m brasse le 6 juillet 1941 à Marseille, effaçant ainsi non seulement le meilleur temps détenu par l'américain Kaisley, mais également le record d'Europe de la distance détenu par l'allemand Joachim Balke, en pleine période d’occupation allemande.

En 1943, Jacques Cartonnet (son rival malheureux lors des sélections aux J.O de 1936), devenu membre de la milice de Vichy, le dénonce entrainant sa déportation ainsi que celle de sa femme et de sa fille qui n'en reviendront pas. Alfred Nakache libéré par les américains en 1945 ne pèse plus que 42 kg mais n'aura qu'un objectif : revenir à son meilleur niveau. Ce qu'il réussira en retrouvant son titre de champion de France dès 1946. Il sera même le seul rescapé des camps à participer aux J.O de Londres en 1948.
Alfred Nakache sera surnommé plus tard "le nageur d'Auschwitz".
Aujourd'hui de nombreuses piscines portent son nom en France dont la récente piscine parisienne du XXème (Belleville), ainsi que celle de son club Toulousain.

Site des étudiants juifs de France (article Alfred Nakache)
http://www.uejf.org/tohubohu/archives/numero3/sport/nakache.html

Les résultats sportifs : L'Allemagne, extrêmement préparée et avec le plus gros contingent d'athlètes domine le classement général.
Les Etats-Unis ont remporté la moitié des épreuves d'athlétisme.

Berlin ville symbole du sport
© C. Depreitère, V. Doignies, D. Lepage, C. Molitor & A. Reydellet (INTD - INA) 2009
date de mise à jour: 20 juin 2009
accueil > événements sportifs >les jeux olympiques de 1936
Evénements sportifs