Les films des décombres 1945-1961

1947 marque le début de la Guerre froide qui perdure jusqu'à la chute du Mur en 1989. Berlin est divisé en quatre zones d'occupation: américaine, britannique, française et soviétique. En 1949 c'est l'acte de naissance de la RFA dont Bonn devient la capitale, tandis que Berlin-Est devient la capitale de la RDA.

« Quelque part à Berlin » de Gerhard Lamprecht tourné en 1946, est axé sur un groupe d'enfants qui symbolise l'espoir et l'avenir de l'Allemagne. Le cinéaste filme surtout les parties de Berlin qui n'ont pas été bombardées.
A contrario, le film « Allemagne année zéro » réalisé en 1948 par Roberto Rossellini, dresse le portrait d'un enfant dans les ruines et exprime pleinement le désarroi du Berlin de 1946 complètement exsangue et affamé.

Entre 1949 et 1961, 3,6 millions d’Allemands de l’Est transitent par Berlin pour passer en RFA. En 1961 le Mur est construit entre le secteur soviétique et les secteurs occidentaux.

« Le ciel partagé », est un film allemand de Konrad Wolf datant de 1964. C'est une réflexion sur la division de l’Allemagne par la construction du Mur, vue sous le prisme d'un couple séparé par l'Histoire.

Le Nouveau cinéma allemand 1970-1985

A l’Ouest, l’acte de naissance du jeune cinéma allemand se situe en 1962 où vingt-six réalisateurs signent le Manifeste d'Oberhausen, donnant ainsi naissance au «Nouveau cinéma allemand». C'est la faillite retentissante de la plus grande société cinématographique du pays, la UFA.

Reiner Werner Fassbinder est l'un des chefs de file du mouvement. En 1980, il réalise une adaptation du livre « Berlin Alexanderplatz » d'Alfred Döblin qui porte le même titre. C'est un téléfilm de 14 épisodes d'une heure, qui traite du destin tragique de Frantz Biberkopf, héros des bas-fonds berlinois des années 1920.
Le cinéaste Piel Jutzi avait fait une première adaptation du livre en 1931.

Berlin vu par Wim Wenders 1987-1997

Entre 1987 et 1997 Wenders réalise trois films dans Berlin.
Dans « Les ailes du désir » en 1987, le cinéaste consacre son film à Berlin, qui en est le personnage central. C'est une représentation de la ville vue du ciel par deux anges, deux ans avant la chute du Mur. « Berlin est une ville qui, encore aujourd’hui, continue de se transformer. Ce n'est pas une ville définie, comme la plupart des grandes villes européennes» dira Wenders.

En 1993, le Mur est tombé depuis quatre ans. Wenders donne une suite au premier opus en réalisant « Si loin, si proche ». Les anges deviennent mortels, descendent dans la ville et constatent la difficulté d'être berlinois.

Enfin en 1997, il réalise « Les lumières de Berlin » et enquête sur l'épisode méconnu de l'archéologie du cinéma: le Bioskop des frères Kladanowsky qui en 1895 montrèrent leurs « Vues de Berlin ».

Le renouveau depuis 2000

Depuis la chute du Mur, la capitale sert non seulement de lieu de tournage et de décor aux productions, mais elle est redevenue ces dernières années le centre cinématographique de l’Allemagne.

« Le tunnel » sorti en 2001, réalisé par Roland Suso Richter, est inspiré de la vie d'Hasso Herschel champion de natation Est-allemand qui passera à l'Ouest en creusant un tunnel, alors que le Mur de Berlin est en construction.

« Berlin, symphonie d'une grande ville », réalisé en 2002 par Thomas Schadt d'après Walther Ruttman (1927) donne une toute autre vision de Berlin que la première version «apolitique» de Ruttmann.
Projection à la Cité de la Musique, le 27 juin 2009.

« Berlin-Babylone » film de Hubertus Siegert tourné en 2003, montre la fièvre de construction qui s’est emparée de la ville des deux Allemagne réunies, dans les espaces libérés le long de l’ancien Mur. Ce ballet de chantiers d’architecture est rythmé par la bande-son du groupe de rock industriel Einstürzende Neubauten (littéralement: «nouveaux édifices en train de s’effondrer»).
Projection à la Cité de la Musique, le 27 juin 2009.

« Goodbye Lenin ! » de Wolfgang Becker, date de 2003 et évoque la chute du Mur et les changements importants qui se produisent dans les semaines qui suivent: une forme de liesse mais aussi une importante perte de repères pour ceux de la RDA.

 

 

Berlin ville symbole du sport
© C. Depreitère, V. Doignies, D. Lepage, C. Molitor & A. Reydellet (INTD - INA) 2009
date de mise à jour: 20 juin 2009
accueil > cinema > une filmographie de la ville > des "films des décombres" au renouveau
Cinema