Les débuts 1895

C'est grâce à l'invention du Bioskop par les frères Kladanowsky que la projection d'images animées est possible, avant celle des frères Lumière. L'historien Roland Schneider mentionne que la première projection publique payante au monde a lieu dès le 1er novembre 1895 au Wintergarten à Berlin. C'est là que Max et Emil Kladanowsky présentent leurs « Vues de Berlin ».

L'Expressionnisme 1919-1927

Au sortir de la Première Guerre Mondiale, l'Allemagne vaincue fait l'expérience de la dépression et de la perte de repères. En 1918, tandis qu'est proclamée la République de Weimar, le cinéma allemand s'ancre dans un Expressionnisme marqué par la stylisation géométrique des décors, les saisissants contrastes d'ombres et les ambiances surnaturelles.
Les cinéastes traduisent avec force les émotions nées d'un climat d'angoisse et de visions de cauchemars.

« Le cabinet du Docteur Caligari » de Robert Wiene, réalisé en 1919 à Berlin, est le premier film expressionniste, et décrit le délire d'un fou. Les ombres portées et le jeu des acteurs accentuent une impression d'irréalité.

Friz Lang tourne plus tard « Le Docteur Mabuse », Anton Kaes écrit: «ce film montre un large panoramique du Berlin des années 1922, le tableau de la dévalorisation inflationniste de l'argent comme des moeurs; du vide du pouvoir et de la recherche de religions nouvelles».

C'est par le cinéma que le monde découvre l'Allemagne et en particulier Berlin grâce à des œuvres majeures nées directement de l'Expressionnisme.

La Nouvelle Objectivité et l'Avant-Garde 1927-1933

Vers la fin des années 1920, ce mouvement cinématographique, inspiré de Dziga Vertov qui voulait créer «l'art de la vie même», utilise toutes les possibilités de prises de vues, les ressources du montage et les richesses que recèlent «le Kinok» ou Cinéma-Oeil.

« Berlin, symphonie d'une grande ville », hymne plastique à la capitale allemande de Walther Ruttmann réalisé en 1927, appartient à ce courant de 'la Nouvelle Objectivité' qui se caractérise par une volonté de représenter le réel sans fard. C'est un film sans acteur et sans intrigue, restituant par le montage d'images de plein air 24 heures de la vie de la capitale.
«Le Berlin de Ruttmann, c'est le Berlin du travail des usines, de l'industrie, du commerce, mais surtout de la vitesse», selon Jean-Michel Palmier.

Un autre film est très représentatif pour son portrait de la vie quotidienne à Berlin, peu de temps avant qu'Adolf Hitler ne devienne chancelier. Il s'agit du film « Les hommes le dimanche » de Curt et Robert Siodmak réalisé en 1929. Il suit la vie d'un groupe de résidents de Berlin sur une journée d'été, au cours de l'entre-deux-guerres.

Berlin est devenue la capitale culturelle de l'Europe, incontournable pour les arts et la culture d'Avant-Garde; le cinéma allemand montre la voie de la modernité avec les productions du studio UFA, le plus vaste et le plus avancé d'Europe.

L'exil des cinéastes 1933-1945

Porté à la tête de l’Allemagne par le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) qu’il reprit en 1921, Adolf Hitler est chancelier du Reich le 30 janvier 1933.

Les grands cinéastes de Weimar, Fritz Lang, Ernst Lubitsch, Douglas Sirk font partie des 30 000 intellectuels qui s'expatrient aux Etats-Unis à l'avènement du nazisme. 1933 marque pour eux une rupture.
«Dans leur filmographie force est de constater que l'Allemagne nazie devient dans l'œuvre américaine de ces cinéastes, une sorte de point aveugle, irreprésentable: certes, ils réalisent des films antinazis, mais Berlin en est toujours absent» note Jean-Michel Palmier.

Seuls les films que le régime considère comme inoffensifs sont alors autorisés. Vers la fin des années 1930 et pendant toute la guerre, ce sont surtout des films de divertissement ou de propagande qui sont produits à Berlin.

 

Berlin ville symbole du sport
© C. Depreitère, V. Doignies, D. Lepage, C. Molitor & A. Reydellet (INTD - INA) 2009
date de mise à jour: 20 juin 2009
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